Eric Michael Hawks »

ERIC MICHAEL HAWKS

DÉBRANCHÉ

Une entrevue de Derrick Scott
Images © Photographie Miguel Lalonde

Derrick : D’où viens-tu ?
Eric : Je suis originaire de Clarence Creek. Mon père avait sa propre entreprise; il était électricien. Son métier nous a amenés à déménager à plusieurs reprises tout au long de ma jeunesse, entre autres à Orléans, à Cumberland et à Hammond. Aujourd’hui, je suis de retour à mes racines à Clarence Creek.

Derrick : Décris-moi comment tu étais jeune garçon.
Eric : J’étais le petit tannant. Souvent en retenue… Après les retenues sont venues les suspensions. Je n’étais pas méchant, j’avais seulement de la difficulté à rester assis trop longtemps ! J’ai toujours eu besoin de bouger et de m’exprimer. Juste tannant…! C’est probablement la meilleure façon de me décrire. Certains diront que je le suis toujours !

Derrick : Parle-moi de ta famille.
Eric : Ma mère était femme au foyer. Elle avait bon coeur et était patiente. Ma soeur Rachel est l’aînée de la famille. Elle aime planifier et a le sens de l’organisation. Pour ma part, je suis plutôt comme mon père : un téméraire impulsif qui aime l’action. On a des idées et on fonce. Je me réveille avec une idée et je la mets à exécution. Je suis satisfait de mes choix même si certains d’entre eux ne fonctionnent pas. Ma philosophie est que souvent, mais pas toujours, les premières idées sont les meilleures.

Derrick : Est-ce que tu as travaillé pour ton père ?
Eric : Dès mon plus jeune âge, j’ai travaillé pour lui. J’ai appris très tôt à me rouler les manches et à travailler. J’ai beaucoup appris de mon père, surtout au niveau des relations interpersonnelles, mais aussi simplement en le regardant travailler. Je l’accompagnais lorsqu’il faisait des acquisitions de compagnie et des négociations. Il me demandait de regarder et d’écouter. J’ai appris l’importance d’avoir un rapport gagnant-gagnant, à respecter les sentiments. Mon père était ferme, mais juste.

Derrick: Parle-moi de tes études.
Eric: J’ai débuté mes études primaires à l’école Ste-Félicité de Clarence Creek; je les ai ensuite poursuivies à Orléans et j’ai fréquenté l’école secondaire Garneau. Par la suite, ça s’est corsé. Je suis allé à l’école L’Alternative, car j’étais trop tannant. Ça n’a pas eu l’effet prévu. J’ai vécu un épisode violent et traumatisant. Quelqu’un a pointé une arme sur moi. J’ai pensé à tout et à rien en même temps; je suis resté figé. Heureusement, rien n’est arrivé. À ce moment on s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne école pour moi. Je suis donc retourné à Garneau pour y finir mon secondaire. Toute une expérience!

Derrick : Aurais-tu un conseil à donner aux parents qui ont des enfants tannants ?
Eric : Tentez de trouver ce qui passionne votre enfant et encouragez-le dans cette voie.

Derrick : Qu’as-tu fait après tes études ?
Eric : J’ai fait un peu de tout. Ma carrière musicale a débuté quand j’avais 13 ans. J’ai fait du travail de construction. Pendant près de 10 ans, j’ai conduit des camions de transport à travers le Canada et les États-Unis.

Derrick : Qui t’a influencé dans ta carrière musicale ?
Eric : Quand on est jeune, on veut toujours plaire à nos parents. Je ne viens pas d’une famille musicale, mais mon père écoutait beaucoup de musique. Dans son auto, sa radio était syntonisée à une station de Oldies qui faisait jouer Roy Orbison et les Beach Boys. Il faisait un jeu-questionnaire avec moi : « Qui chante cette chanson ? » me demandait-il. La plupart du temps, je n’avais pas la réponse. Il me la donnait et pour le reste de la chanson, j’écoutais. En anglais on appelle ça du freezing. Mentalement, je notais et gravais dans mon cerveau la façon dont la chanson était interprétée, les harmonies vocales et même l’instrumentation. De cette façon, je savais que la prochaine fois qu’il me poserait la question, j’aurais la bonne réponse. J’ai alors écouté avec intensité Diana Ross, The Ronettes, The Ventures… Je voulais m’assurer de me rappeler de leur voix et de leur sonorité. Au prochain jeu, je commençais à avoir les bonnes réponses: « C’est Smokey Robinson ! ». Mon père me demandais alors comment je le savais et je lui répondais : «Je me rappelle de sa voix et de la façon dont il interprète sa musique ».

Au final, écouter la radio dans l’auto avec mon père a été mon éducation musicale. Quand on partait en voyage, par exemple en Floride, on faisait ça pendant tout le trajet. Même aujourd’hui, on fait encore cette petite compétition; c’est à mon tour de lui demander de répondre au jeu-questionnaire de musique. C’est à l’origine d’une grande partie de l’amour que je porte à la musique. Gordon Lightfoot, Marty Robbins, ce sont des artistes qui m’ont poussé à faire ce que je fais aujourd’hui.

Derrick : Quand as-tu fait la transition entre l’apprentissage de la musique et le fait d’en jouer ?
Eric : Ça s’est fait naturellement. J’ai fait beaucoup de lecture et j’ai une passion pour la musique. Je ne fais pas juste la chanter; je la connais. Ça fait partie de ce qui m’influence et c’est naturel.

Derrick : Quand as-tu sorti ton premier album ?
Eric : C’était en 2013. Au fil des spectacles, les gens m’ont demandé de faire un album. Ayant commencé à écrire très jeune, j’avais une énorme collection de chansons. J’en ai des centaines dans des cartables. C’est venu naturellement pour moi de mettre tout ça ensemble. Quand j’ai eu la chance de travailler avec Bobby Lalonde et les musiciens de Patrick Normand, des gens comme Steve Piticco, j’ai saisi l’occasion. J’ai un bon produit et j’en suis très fier. La musique que j’enregistre, c’est la musique que j’aime. Je crois que c’est important comme artiste que tu sois ton plus grand admirateur sinon tu es un fake.

« Si vous attendez demain pour réaliser vos rêves, le temps que vous y arriviez, ils pourraient être partis. »

Derrick : Parle-moi de ton engagement dans la communauté.
Eric : J’organise des événements et je contribue aux activités tel le concert Flood Relief (Inondation d’Espoir) de Clarence-Rockland qui servent à amasser des fonds pour aider la communauté. Manon Cyr a été la première personne à croire en moi. Je n’avais pas d’expérience et on a débuté avec un spectacle à Wendover : An Evening of Country Music with Eric Michael Hawks. C’était une campagne de financement pour la Fondation des maladies du coeur. Cette année, nous en sommes à la sixième édition. Celle-ci aura lieu le 9 novembre au Club Powers sur la rue Giroux à Rockland. On en profite pour amasser des fonds et des denrées non périssables pour Centraide.

En 2017, nous avons mis sur pied le Clarence-Rockland Country Jamboree, un événement qui a eu lieu pendant deux ans. La communauté a été bonne pour moi.

Derrick : Pourquoi es-tu si engagé dans la communauté ?
Eric : Il est important de redonner, de ne pas toujours prendre. Mes parents ont aussi beaucoup donné à la communauté. J’ai eu de la chance, plusieurs personnes ont croisé mon chemin. En 1999, j’ai rencontré Willie Nelson à Atlantic City. J’ai passé du temps avec lui, une superstar. Il m’a donné de son temps sans compter. Il a fait beaucoup pour les fermiers avec Farm Aid et notre discussion m’a beaucoup inspiré !

Derrick : Parle-moi de tes projets d’avenir.
Eric : Je me rends environ une à trois fois par année à Nashville. Ça m’inspire et je rencontre des gens du milieu musical. Je vais voir des spectacles et je joue le rôle de guide pour ma fille. Je connais Nashville aussi bien que je connais Rockland. En d’autres mots, je n’ai pas de plan, je vis un jour à la fois; je fais ce qui vient naturellement.

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ERIC MICHAEL HAWKS

UNPLUGGED

Interview by Derrick Scott
Images © Miguel Lalonde Photography

Derrick: So, Eric, please tell us about yourself. Let’s start with where you come from.
Eric: I was born in Clarence Creek. My father was an electrician and had his own business. When I was young, we often moved because of his work: to Orleans, Cumberland and Hammond, among others. Today, I’m back to my roots in Clarence Creek.

Derrick: What were you like when you were young?


Eric: I was always getting into trouble. I was often in detention. Later on I was often suspended. I wasn’t a bad kid, I just couldn’t sit still! I always had to be doing something or saying something. Trouble…! That’s the best way to describe me. Some would say I haven’t changed a bit!

Derrick: Tell me about your family.
Eric: My mother was a stay-at-home mom. She had a heart of gold and was very patient. My sister Rachel is the oldest. She is organized and likes to plan. I’m more like my father: impulsive and action-oriented. We get an idea into our head and away we go! I wake up with an idea, and I get onto it right away. I’m happy with the choices I’ve made, even if some of them didn’t pan out. I believe that often, although not always, my first impulse is the best one.

Derrick: Did you ever work for your father?
Eric: I started working for him from a very early age. I soon learned to roll up my sleeves and get to work. I learned a lot from my father, especially when it comes to dealing with people, but also just from watching him work. I went with him when he bought businesses and negotiated deals. He would tell me to watch and listen. I learned the importance of establishing a win-win situation and of respecting people’s feelings. My father was firm but fair.

Derrick: What about school?
Eric: I started elementary school at Ste-Félicité in Clarence Creek, and then continued in Orleans. I went to École secondaire Garneau. Then everything went off the rails. I went to L’Alternative because I was just too much trouble. It didn’t work out as hoped. I had a very violent and traumatizing experience. Someone pointed a weapon at me. Everything and nothing connected in my mind: I froze. Luckily, nothing happened. We then realized that was not the right school for me. So back I went to Garneau, where I finished high school. It was quite the experience!

Derrick: Do you have any tips for parents whose kids are mischief?
Eric: Try to figure out what your child feels passionate about, and foster it in them.

Derrick: What did you do after you graduated?
Eric: I dabbled in all sorts of things. My music career started when I was 13. Later on I worked in construction. Then, for nearly 10 years, I drove transport trucks across Canada and the United States.

Derrick: Who influenced you in your music career?
Eric: When you’re young, you try to please your parents. I don’t come from a musical family, but my father often listened to music. His car radio was set to the Oldies station, which played Roy Orbison and the Beach Boys. He played a game with me, always asking who was singing. I hardly ever got it right. He’d tell me, and then we’d listen to the rest of the song. I would use a technique called freezing to imprint everything in my mind. I would register how the song was sung, the vocal harmonies and the instrumentals. That way, the next time he’d ask me, I knew the answer. I listened carefully to Diana Ross, The Ronettes, The Ventures… I wanted to be sure to remember their voices and their sounds. The next time we played, I would often have the right answer: “That’s Smokey Robinson!”. So then my father would ask me how I knew, and I would tell him that I remembered his voice and the way he interprets the music.

I guess you could say that my musical education was listening to the radio in the car with my father. When we took trips, for instance to Florida, we would do that all the way there and back. We still do, but now it’s my turn to ask him. That’s a big part of my love for music. Gordon Lightfoot and Marty Robbins are some of the artists who have pushed me to do what I do today.

Derrick: When did you move from learning about music to playing it?
Eric: It happened naturally. I read a lot about it, and I have a real passion for music. I don’t just sing it. I know it. That’s part of what influences me, and it’s natural.

Derrick: When did you release your first album?
Eric: In 2013. Every time I performed, people would ask me to record an album. Because I started writing when I was very young, I had a huge collection of songs. I have hundreds stashed away. It was easy for me to come up with enough numbers for an album. I was lucky to work with Bobby Lalonde and the musicians of Patrick Normand, people like Steve Piticco. I jumped at the chance. I’m really proud of the product we ended up with. The music I record is music that I like. I think it’s important for an artist to be their own biggest fan, otherwise you’re a fake.

 

“If you wait for tomorrow to follow your dreams, by the time that you get there, they might be gone.”

Derrick: Tell us about your community work.
Eric: I organize events and take part in activities such as the Flood Relief fundraiser concert in Clarence-Rockland. Manon Cyr was the first person to believe in me. I had no experience, and we started with a show in Wendover called An Evening of Country Music with Eric Michael Hawks. It was a fundraiser for the Heart and Stroke Foundation. This year will be our sixth edition, and it will take place on November 9 at Club Powers on Giroux Street in Rockland. We will be raising funds and collecting non-perishable food for the United Way.

In 2017, we organized the Clarence-Rockland Country Jamboree, which was repeated the following year. The community was good to me.

Derrick: Why are you so involved in the community?
Eric: It is important to give back, you can’t only take. My parents also gave a lot to the community. I have been lucky to meet some very special people along the way. In 1999, I met Willie Nelson in Atlantic City. He was already a superstar, and he generously made time for me. He has done a lot for the farmers with Farm Aid, and our talk really inspired me!

Derrick: What have you got planned for the future?
Eric: I go to Nashville one to three times a year. It energizes me, and I meet people in the world of music. I go to shows, and show my daughter around. I know Nashville as well as I know Rockland. Basically, I have no plan, I live every day as it comes, and do what comes naturally.