Desneiges Émond »

DESNEIGES ÉMOND

LE DON DE SOI

Entrevue par Stéphanie Simard
Images © Photographie Miguel Lalonde

Stéphanie : D’où venez-vous ?
Desneiges : Je suis née à Valleyfield au Québec, en 1941.

Stéphanie : Pourquoi vos parents sont-ils venus s’établir dans la région ?
Desneiges : Peu après ma naissance en 1943, mon père cherchait du travail. Nous sommes donc déménagés à Embrun pour ensuite nous établir à Cornwall.

Stéphanie : Quels emplois occupaient vos parents ?
Desneiges : À Cornwall, mon père travaillait pour l’usine de soie et de coton Courtaulds Rayon Silk Factory. Ma mère ne pouvait pas travailler à cause de son état de santé. Dès l’âge de 12 ans, j’ai dû élever mon frère Donald et ma soeur Thérèse. J’ai eu à assumer des responsabilités très tôt dans la vie.

Stéphanie : Quand avez-vous rencontré votre mari ?
Desneiges : Lorsque j’avais 14 ans, ma tante m’a présenté mon mari lors d’une danse au Pavillon à Cornwall. On aimait danser et on a appris à se connaître. En 1957, j’ai dit oui et nous nous sommes mariés. En 1959, nous avons quitté Cornwall pour vivre à Embrun. Le travail nous a ensuite dirigés vers Ottawa.

Stéphanie : Avez-vous eu une grosse famille ?
Desneiges : Oui, nous sommes catholiques et avons suivi notre foi. Nous avons eu cinq enfants : Maurice en 1958, Suzanne en 1959, Diane en 1961, Johanne en 1963 et Lynne en 1967. Nous avons maintenant huit petits-enfants, treize arrière-petits-enfants et trois arrière-arrière-petits-enfants.

Stéphanie : Avez-vous fait des études ? Quel a été votre travail ?
Desneiges : J’ai terminé ma 10e année. J’ai été mère au foyer jusqu’à ce que mes enfants soient tous à l’école. Ensuite, j’ai travaillé pendant 27 ans à la cafétéria du Kmart sur la rue Bank à Ottawa. J’ai débuté en tant que serveuse à mi-temps pendant une période de deux ans. J’ai ensuite obtenu un emploi de gérante à temps plein. Malgré le fait que c’était exigeant, j’ai bien aimé mon travail. En 1998, les Kmart ont fermé ; j’ai donc pris ma retraite.

Stéphanie : Pourquoi avoir mis le cap vers Bourget ?
Desneiges : Nous avions besoin d’espace ! Élever une famille de cinq enfants a été difficile financièrement. Nous nous sommes serré la ceinture et avons économisé en faisant attention aux dépenses. Nous n’avons pas voyagé ; au lieu, on faisait du camping avec les enfants. Ils s’en souviennent encore, ils ont adoré ça ! En 1975, nous avons été en mesure d’acheter la maison parfaite pour notre famille. En effet, le prix abordable des maisons à Bourget nous a permis d’y vivre très bien.

Stéphanie : Parlez-moi de votre bénévolat.
Desneiges : Je n’avais jamais eu le temps de faire du bénévolat et pour vous dire franchement, je n’y avais jamais pensé avant de prendre ma retraite. À ce moment-là, j’ai décidé de suivre un cours en informatique. Lorsque j’ai terminé ce cours, on m’a demandé de devenir bénévole au Partage de Bourget. Après six mois, j’en suis devenue la trésorière et j’ai ensuite occupé le poste de présidente. À l’origine, le Partage gérait également la banque alimentaire sous le même conseil d’administration. En 2004, en raison de leur expansion, on a séparé les deux organismes. Nous avons ainsi créé un nouveau conseil dont je suis devenue la présidente. Je suis fière de ce que la banque alimentaire accomplit. Nous avons une douzaine de bénévoles qui aident maintenant 25 familles de Bourget.

Depuis 2014, je suis présidente du Club Bourg-Joie d’Or. C’est un club social pour les personnes de plus de 50 ans. Nous organisons des voyages, des dîners et des activités. Nous partageons un dîner par mois, ce qui nous donne la chance de nous rencontrer et de nous amuser. Nous participons annuellement aux Jeux des aînés. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux membres.

Mon mari a été président du Club Optimiste pendant quelques années. Nous avons organisé plusieurs activités : le programme de sécurité en bicyclette, le concours de mathématiques et d’art oratoire, le Club Disons Non, en plus de la parade du père Noël et d’un tournoi de quilles pour les enfants.

« La valeur d’une personne tient dans sa capacité à donner et non dans sa capacité
à recevoir. »

Stéphanie : Pourquoi donner de
votre temps ?
Desneiges : Mon sens de l’organisation est ce qui m’a amenée à m’engager. J’aime rencontrer les gens, rendre service, faire avancer les choses et apporter ma contribution à la communauté.
Chaque année, le Comité des loisirs de Bourget reconnaît les bénévoles du village lors d’une fête au centre communautaire. Je suis fière de cet événement de reconnaissance. Les bénévoles apportent beaucoup à notre communauté. Ils donnent de leur temps et de leur expertise. Sans eux, il n’y aurait pas autant de programmes et de services gratuits. Les bénévoles sont toujours en demande. Il ne faut pas se gêner pour communiquer avec les organismes qui nous intéressent.